Les récits traversent plusieurs époques, du temps des romains jusqu’aux temps modernes. Ils sont intrinsèquement liés à la forêt et à l’activité minière qui a structuré la région au fil des siècles. Dans la mesure où il n’existait pas de légendaire pour la forêt de La Borne de Fer, les artistes ont eux-mêmes inventé des légendes à partir de l’histoire de l’extraction du fer et d’un personnage qui hanterait les bois depuis l’Antiquité.
Dans la rédaction des histoires, on retrouve de manière très présente le thème des frontières. Il est abordé à différents niveaux : le premier, le plus évident, est celui qui porte sur la frontière entre l’espace de la forêt et des espaces plus civilisés (ville, champs, fermes…). Un autre s’est établi entre l’humain et le monstre, ou plutôt le regard que l’on porte sur le monstre. On peut aussi envisager une frontière entre le temps de la balade et les espaces temps convoqués par les récits.
D’autres thématiques transparaissent dans les textes, notamment celle de l’appât du gain. Les traces de l’exploitation du fer dans le paysage, visibles partout dans la forêt, rappellent combien de personnes à travers l’histoire ont cherché à s’enrichir sur ce territoire. Le parcours choisit ici de transposer cette quête de richesse en créant une légende où les hommes ne chercheraient pas uniquement du minerai, mais bien un vrai trésor caché au cœur de La Borne de Fer.
La composition musicale vient s’inscrire dans un paysage sonore existant déjà très riche.
Au début du parcours, la voix d’un narrateur apparaît sur un grand chemin séparant forêt et champ. Cette voix masculine est celle de la personne qui a créé l’application que l’auditeur utilise, afin de retrouver un trésor perdu. On entend aussi la voix féminine qui essaye d’attirer l’auditeur dans la forêt, car elle y est prisonnière depuis l’Antiquité.
Le contraste entre ces deux voix permet de créer une frontière très nette entre la nature sauvage (la femme qui essaye d’attirer l’auditeur dans la forêt) et le monde civilisé (le maitre du jeu qui a créé l’application). Tout au long du parcours, on entend une voix qui oscille entre le parlé et le chanté, afin de rappeler l’univers des contes, qui sont depuis la nuit des temps accompagnés d’instruments. Antoine Spindler joue pizzicato (cordes pincées) sur son alto pour rappeler cet aspect.